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France Hydrogène publie son 4ème baromètre annuel

Publié le 05/02/2026

France Hydrogène a réalisé une étude approfondie de la dynamique de la filière hydrogène en France et à l’international sur la période 2020-2025, dont sont issus les chiffres clés du baromètre annuel. Cette étude analyse en détail les tendances, les trajectoires de développement et le positionnement de la France dans un contexte international soutenu ; elle identifie également les conditions de réussite et formule des recommandations.

Pour France Hydrogène, l’hydrogène décarboné joue un rôle pour décarboner les secteurs industriels stratégiques et la mobilité lourde, là où l’électrification directe montre ses limites. De plus, il constitue un levier majeur de souveraineté énergétique et industrielle, en réduisant la dépendance aux importations fossiles tout en soutenant la réindustrialisation du pays.

L’hydrogène français : une filière en transition

Depuis 2020, la France s’attache à structurer sa filière hydrogène. Pour France Hydrogène, les premiers résultats sont tangibles : en 2023, le secteur a généré 1 Md€ de PIB et 16.400 emplois. Cependant, face à la concurrence internationale, la filière doit maintenant passer à l’échelle industrielle.

Le baromètre 2025 de France Hydrogène dresse ainsi un état des lieux précis de la filière. Il recense les financements, analyse la dynamique des projets de production d’hydrogène décarboné, suit l’évolution des infrastructures de transport et de stockage, et examine le déploiement de la mobilité. Par ailleurs, il détaille l’offre par segments de marché afin d’évaluer les progrès réalisés et de formuler des recommandations.

Cadre réglementaire et financements publics : des avancées encore partielles

Pour France Hydrogène, un cadre réglementaire « lisible » et des soutiens publics adaptés sont essentiels, car ils conditionnent le développement de la filière hydrogène décarboné. Lancée en 2020, la Stratégie Nationale Hydrogène mobilise 9 milliards d’euros, mais seuls 4,3 milliards ont été engagés à ce stade, dont 1,6 milliard restent incertains.

En 2025, l’État a lancé la première tranche du mécanisme de soutien à la production par électrolyse, dotée de 500 millions d’euros, alors que 3,5 milliards restent à attribuer. « La mobilisation effective des financements dédiés à la R&D, à l’industrialisation, aux écosystèmes territoriaux et aux compétences demeure décisive pour sécuriser les investissements et concrétiser les ambitions françaises et européennes ».

Production d’hydrogène : une filière en structuration, des décisions d’investissement encore limitées

En 2025, la France recense 91 projets d’hydrogène décarboné pour 1 100 ktH₂/an à l’horizon 2035, dominés par l’électrolyse (90 %). La capacité installée reste limitée (50 MW) et seules 4 % des capacités prévues ont franchi la décision finale d’investissement (FID). À l’international, les entreprises françaises montrent davantage de dynamisme.

Infrastructures de transport et de stockage : un déploiement nécessaire

Planifier les infrastructures hydrogène est essentiel pour développer la filière à grande échelle. Pour France Hydrogène, cela garantit l’approvisionnement des sites industriels, aide à maîtriser les coûts et permet aux producteurs et aux consommateurs de partager les investissements. De plus, ces infrastructures améliorent la flexibilité des électrolyseurs et du stockage, organisent le marché national et renforcent la position de la France en Europe.

Les « hydrogénoducs » illustrent cette dynamique en action : en 2025, plus de 300 km de réseaux sont déjà opérationnels et près de 2 400 km sont en projet. Ainsi, les projets HyFen et HySow relieront les zones de production aux principaux hubs industriels et aux ports, facilitant l’export et l’intégration au système énergétique européen. En complément, la construction de réseaux de distribution vers les industriels plus éloignés devrait assurer un maillage optimal. Enfin, le stockage souterrain complètera le dispositif, apportant flexibilité et sécurité d’approvisionnement, avec une capacité nationale prévue de 21 ktH₂/an sur quatre sites d’ici 2030.

Hydrogène et mobilité : des résultats en progression malgré les défis de l’année

En 2025, la mobilité hydrogène a traversé une année difficile, mettant certains projets en péril notamment avec la sortie de la SNH II qui ne priorisait pas l’hydrogène comme carburant à la mobilité. Cette année doit permettre de recentrer le déploiement sur les usages pertinents, notamment les véhicules lourds et à usage intensif, en combinant prix de l’hydrogène compétitif, maillage des stations, offre de véhicules adaptée et soutien de l’État.

Par ailleurs, le baromètre de France Hydrogène montre tout de même une croissance continue de la mobilité hydrogène sur les routes françaises. En complément, le réseau de distribution se déploie pour assurer un maillage optimal, renforcé par des initiatives régionales comme Zero Emission Valley (Auvergne-Rhône-Alpes) et Corridor H2 (Occitanie).

Dans quels secteurs l’hydrogène décarboné peut-il jouer un rôle clé ?

En France, le secteur des e-carburants concentre la majorité des projets. L’hydrogène décarboné peut servir à produire des carburants et matières premières clés, comme l’e‑kérosène pour l’aviation, l’e‑méthanol pour le maritime, l’acier ou l’ammoniac, et il aide à décarboner l’industrie. 

Pour Nicolas BRAHY, président de France Hydrogène, « les chiffres sont clairs : après cinq années d’apprentissage et de structuration, l’hydrogène décarboné aborde un nouveau cycle, celui du passage à l’échelle industrielle. »

Le baromètre souligne toutefois que la réussite de cette transition dépendra largement de la sécurisation du cadre réglementaire, du soutien à la demande et de la capacité à déclencher les investissements industriels nécessaires.