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Transport fluvial à Rennes : une expérimentation sur la Vilaine

Publié le 13/04/2026

Au coeur de Rennes, le chantier de déconstruction du parking de la Vilaine ne passe pas inaperçu. Pourtant, derrière ce projet d’envergure, un choix logistique original a été fait : celui du transport fluvial pour l’évacuation des déchets. Dans un centre-ville contraint, où circulation et activités économiques doivent être préservées, cette solution apparaît comme une alternative durable et à faible impact.

Pour mieux comprendre cette démarche, nous avons échangé avec Anthony Robert, directeur de l’agence Charier TDD Bretagne. Il revient sur les motivations de ce choix de transport, son organisation concrète sur le terrain, mais aussi sur les perspectives qu’ouvre cette expérimentation en milieu urbain.

Mixenn : Pour commencer, pouvez-vous nous expliquer pourquoi avoir choisi le transport fluvial pour l’évacuation des déchets du chantier, plutôt qu’un acheminement classique par la route ?

Anthony Robert : Ce choix a été fait pour que le chantier ait le moins d’impacts possibles pour les usagers du centre ville : les commerçants, les habitants. Nous avons fait le parti de proposer une solution de transport fluvial afin de limiter au maximum l’impact sur l’environnement au sens large. C’est à dire, éviter une congestion supplémentaire des routes, mais aussi réduire les émissions de CO2 (le transport fluvial émet jusqu’à cinq fois moins de CO2 que le transport routier).

Mixenn : Concrètement, comment s’organise l’évacuation des déchets depuis le chantier dans le centre-ville jusqu’au quai installé route de Lorient ?

A.R. : Les déchets issus du chantier sont chargés sur des barges, qui sont ensuite acheminées par pousseur jusqu’au quai aménagé à l’agence Charier TDD Bretagne situé rue du Manoir de Sérvigné, proche de la route de Lorient. L’un des enjeux de ce type d’organisation est justement de pouvoir massifier les flux, en regroupant les volumes pour limiter le nombre de rotations.

Une fois arrivés au quai, les déchets sont triés afin d’être orientés vers des filières de recyclage et de réemploi, dans une logique d’économie circulaire.

Mixenn : Quelles sont les perspectives de développement de ce quai route de Lorient, et donc de façon plus large du recours au transport fluvial dans le centre ville de Rennes ?

A.R. : Nous pouvons tout à fait envisager de reproduire ce type d’organisation sur d’autres chantiers, à condition de disposer de zones adaptées pour le chargement et le déchargement en centre-ville. C’est un point clé pour permettre le développement de ce mode de transport.

Au-delà des chantiers, nous pouvons également imaginer élargir les usages. Le transport fluvial pourrait servir à l’approvisionnement de matériaux, à la livraison de marchandises ou encore à l’expédition de colis, à condition, là aussi, de disposer d’infrastructures adaptées en cœur de ville.

Enfin, si ce type de solution s’inscrit dans la durée, avec une certaine visibilité sur le long terme, cela pourrait encourager des investissements dans des équipements encore plus vertueux, comme des pousseurs électriques, afin de réduire davantage l’empreinte carbone de ces opérations. Ce qui est déjà le cas sur l’opération du chantier, mais avec des équipement en location.

Conclusion

À travers cette expérimentation, le chantier de déconstruction du parking de la Vilaine illustre le potentiel du transport fluvial en milieu urbain. En proposant une alternative plus respectueuse du cadre de vie et moins impactante pour l’environnement, cette solution invite à repenser l’organisation des flux en ville.

Si des conditions restent à réunir, notamment en matière d’infrastructures et de planification, les perspectives évoquées laissent entrevoir de nouvelles façons de concevoir la logistique urbaine, au-delà même du secteur du BTP. Approvisionnement, livraisons, gestion des déchets : autant de domaines où le transport fluvial pourrait trouver sa place.

Une chose est sûre : ce type d’initiative ouvre la voie à des villes plus durables, où innovation et transition écologique avancent.