Un marché encore massivement dominé par le diesel
Impossible de l’ignorer : sur le marché européen des camions de plus de 12 tonnes, le diesel écrase toujours les énergies alternatives Au deuxième trimestre 2026, il représente encore plus de 95 % des nouvelles immatriculations (hybrides inclus), reléguant les motorisations alternatives à des parts symboliques.
| Camions lourds, plus de 12 t | Part des ventes, T2 2026 |
|---|---|
| Diesel, hybrides compris | 95,60% |
| Batterie électrique | 2,30% |
| Gaz naturel, GNC et GNL | 2,10% |
Toutefois, au sein même de ce marché ultra dominé par le diesel, un basculement discret s’est produit. Pour la première fois, les camions électriques (2,3 % des ventes) ont dépassé les véhicules au gaz naturel (GNC ou GNL) qui plafonnent à 2,1 %. Un écart mince, mais symboliquement important, dans un segment où l’électrification progresse lentement : sur l’ensemble du premier semestre 2026, environ 3400 poids lourds zéro émission ont été immatriculés, soit 2,3 % du marché contre 1,4 % un an plus tôt.
Le gaz, une motorisation qui garde sa place
Malgré ce recul relatif, le gaz conserve un rôle bien établi sur le marché. Les transporteurs qui possèdent déjà une infrastructure d’avitaillement, ou qui misent sur le biométhane, continuent d’y trouver un compromis intéressant entre sobriété thermique et flexibilité d’exploitation.
L’électrique s’impose sur les véhicules moyens
En revanche, sur le segment plus léger des véhicules de 3,5 à 12 tonnes, la dynamique est radicalement différente. Ces camions, notamment utilisés pour la distribution régionale et le dernier kilomètre, se prêtent bien mieux à l’électrification, puisque les retours quotidiens au dépôt simplifient la recharge.
| Camions moyens et utilitaires, 3,5 à 12 t | Part des ventes, T2 2026 |
|---|---|
| Diesel | 77% |
| Batterie électrique | 23% |
| Gaz naturel | moins de 1 % |
Ainsi, au deuxième trimestre 2026, près d’un quart des ventes de ce segment (23 %) concernait déjà des véhicules électriques, contre 77 % pour le diesel, le gaz naturel y étant quasi absent, avec moins de 1 % des immatriculations. De la même manière, sur l’ensemble du premier semestre, la tendance se confirme avec 21,1 % de ventes zéro émission, contre 19,4 % un an auparavant, soit environ 4 600 unités.
Le vrai défi : le transport longue distance
Cependant, le vrai obstacle reste le transport longue distance. Autonomie limitée, temps de recharge trop longs, réseau d’infrastructures encore clairsemé : autant de freins qui maintiennent le diesel en position quasi incontournable sur les plus gros trajets. À l’opposé, sur les tournées courtes, l’électrique s’impose déjà comme une alternative crédible.
Une transition à plusieurs vitesses
En définitive, la transition énergétique du transport routier ne se résume pas à un basculement massif vers une seule technologie mais un mix énergétique. Bien au contraire, elle avance par segments, à des rythmes différents, avec un diesel qui reste dominant sur le long courrier, une électrification qui s’accélère nettement sur les trajets courts, et un gaz qui défend sa niche.