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Le marché européen du camion évolue progressivement

Publié le 17/08/2026

Le marché européen du camion évolue, mais à un rythme encore très progressif. Selon les dernières données de l’International Council on Clean Transportation (ICCT), le diesel conserve une très large domination sur le segment des poids lourds au deuxième trimestre 2026. Dans le même temps, les motorisations électriques commencent à gagner du terrain, tandis que le gaz maintient sa position sur le marché.

Un marché encore massivement dominé par le diesel

Impossible de l’ignorer : sur le marché européen des camions de plus de 12 tonnes, le diesel écrase toujours les énergies alternatives Au deuxième trimestre 2026, il représente encore plus de 95 % des nouvelles immatriculations (hybrides inclus), reléguant les motorisations alternatives à des parts symboliques.

Camions lourds, plus de 12 tPart des ventes, T2 2026
Diesel, hybrides compris95,60%
Batterie électrique2,30%
Gaz naturel, GNC et GNL2,10%

Toutefois, au sein même de ce marché ultra dominé par le diesel, un basculement discret s’est produit. Pour la première fois, les camions électriques (2,3 % des ventes) ont dépassé les véhicules au gaz naturel (GNC ou GNL) qui plafonnent à 2,1 %. Un écart mince, mais symboliquement important, dans un segment où l’électrification progresse lentement : sur l’ensemble du premier semestre 2026, environ 3400 poids lourds zéro émission ont été immatriculés, soit 2,3 % du marché contre 1,4 % un an plus tôt.

Le gaz, une motorisation qui garde sa place

Malgré ce recul relatif, le gaz conserve un rôle bien établi sur le marché. Les transporteurs qui possèdent déjà une infrastructure d’avitaillement, ou qui misent sur le biométhane, continuent d’y trouver un compromis intéressant entre sobriété thermique et flexibilité d’exploitation.

L’électrique s’impose sur les véhicules moyens

En revanche, sur le segment plus léger des véhicules de 3,5 à 12 tonnes, la dynamique est radicalement différente. Ces camions, notamment utilisés pour la distribution régionale et le dernier kilomètre, se prêtent bien mieux à l’électrification, puisque les retours quotidiens au dépôt simplifient la recharge.

Camions moyens et utilitaires, 3,5 à 12 tPart des ventes, T2 2026
Diesel77%
Batterie électrique23%
Gaz naturelmoins de 1 %

Ainsi, au deuxième trimestre 2026, près d’un quart des ventes de ce segment (23 %) concernait déjà des véhicules électriques, contre 77 % pour le diesel, le gaz naturel y étant quasi absent, avec moins de 1 % des immatriculations. De la même manière, sur l’ensemble du premier semestre, la tendance se confirme avec 21,1 % de ventes zéro émission, contre 19,4 % un an auparavant, soit environ 4 600 unités.

Le vrai défi : le transport longue distance

Cependant, le vrai obstacle reste le transport longue distance. Autonomie limitée, temps de recharge trop longs, réseau d’infrastructures encore clairsemé : autant de freins qui maintiennent le diesel en position quasi incontournable sur les plus gros trajets. À l’opposé, sur les tournées courtes, l’électrique s’impose déjà comme une alternative crédible.

Une transition à plusieurs vitesses

En définitive, la transition énergétique du transport routier ne se résume pas à un basculement massif vers une seule technologie mais un mix énergétique. Bien au contraire, elle avance par segments, à des rythmes différents, avec un diesel qui reste dominant sur le long courrier, une électrification qui s’accélère nettement sur les trajets courts, et un gaz qui défend sa niche.